Amour, gloire et...
Conservatoire. Rêves de gloire, de célébrité, de paillettes.
Pendant quelques années, j'ai traîné mes baskets sur les plateaux de tournage. Cotoyé les "stars" du cinéma et de la télé.
Vu émerger les nouvelles têtes.
Je n'ai pas forcément fait les bons choix.
Peut être aurais-je du accepter de finir –comme tant d'autres- dans le lit de ce directeur de casting bien connu ?
Si tel avait été le cas, où serais-je aujourd'hui ? A la place de qui ? Je m'y suis toujours refusé, convaincu que mon talent finirait par l'emporter. Qu'un jour, quelqu'un, quelque part, me remarquerait, et que dès lors, tout s'enchaînerait.
Ce jour arriva. Coup de fil d'un responsable de casting. Je suis choisi sur photo parmi plusieurs centaines d'autres. Nous ne sommes plus qu'une vingtaine de garçons, à défiler devant la caméra, pour un petit "bout d'essai".
20… puis 10… puis 5… puis 3…. puis 2… puis…. Moi !
Moi ! C'est moi ! Le choix s'est finalement porté sur moi ! Premier vrai rôle. Le jackpot. Film hollywoodien, tourné à Paris. Avec une star de rêve : Matt Damon. Tournage à Paris, à Prague, en Amérique du Sud.

Les paillettes, les strass, le champagne qui coule à flot. Tout cela me revenait en pleine figure. Enfin !
Donner la réplique à Matt Damon était la chance de ma vie. Elle ne se représenterait jamais.
C'est comme gagner au loto : 100% des gagnants ont tenté leur chance, mais gagner deux fois relève presque de l'absurdité statistique.
Impossible. Inimaginable.
Et puis. Et puis…
Il aura suffit d'un appel. D'un coup de fil, un soir, pour que tout cet univers s'écroule de nouveau. Les projecteurs se sont éteints d'un coup. Brutal. Fatal.
Il aura suffit d'un soir. D'une heure. D'un p'tit cul qui passait par là, et qui lui, n'a eu aucun scrupule à s'allonger et se faire sauter, pour que l'on m'explique froidement que finalement, ce n'était plus moi.
Prends toi ça dans les dents !
Depuis ce jour, je n'ai jamais remis les pieds sur un plateau. Oh, les propositions n'ont pas manquées. Mais elles ne m'intéressaient plus.
Les fêtes ne m'intéressaient plus. Mon égo en avait pris un sacré coup ! Je crois bien que je ne m'en suis jamais complètement remis…
Trois de mes copines de conservatoire sont décédées: deux suicidées, une assassinée. Aucun d'entre nous n'a réussi à percer. Nous étions une promo maudite.
Peut être retournerai-je au théâtre un jour. Les quelques contacts récents m'y invitent gentiment.
J'ai choisi de me laisser aller, de suivre le sens du vent, et me laisser conduire.
Hier, petit prince adulé du monde de la nuit, aujourd'hui dirigeant plusieurs centaines de personnes dans toute la France, de quoi ma vie sera-t-elle faite demain ?
Bien malin celui qui pourra me le dire…
Alors au milieu de ce chaos qu'est ma vie, je m'enferme de temps en temps dans des mondes illusoires. Dans des univers de rêve, peuplés de beaux garçons.
La rencontre avec
Tim en faisait partie. Bien sur, à aucun moment je n'ai imaginé vivre une réellle histoire avec ce p'tit boy (quoique…).
Le rencontrer était déjà pour moi exceptionnel. Le revoir, relevait de l'inimaginable. Entretenir une correspondance par mail, mission impossible !
Mais c'était si bon, de s'en convaincre. Aujourd'hui, le p'tit boy m'envoie de ses nouvelles de temps en temps. Il sillonne le monde, et tente de bâtir sa vie.
Tim,
Tristan, et tant d'autres. Tant de sublimes garçons, dont l'espace d'un instant, j'ai partagé l'univers.
Amour, gloire et beauté. Telle sera peut être mon épitaphe…